L’ÉCOLE DES PARENTSUne maison du discernement au service des familles

Distinction n° 01

Autorité n’est pas
autoritarisme.

Jean-Siméon Chardin, La Jeune Maîtresse d’école, vers 1736. Domaine public.

Confondre l’autorité et l’autoritarisme conduit soit à renoncer à éduquer, soit à dominer. Les distinguer est une condition du discernement.

Une scène

Un élève de sixième refuse d’éteindre son téléphone. Le professeur demande une première fois, puis une deuxième. L’élève sourit. Quelques camarades observent la scène. Le professeur hausse le ton. L’élève obéit enfin, mais l’atmosphère est désormais tendue.

En salle des professeurs, les commentaires divergent : « Il aurait dû être plus ferme. » « Au contraire, il est allé trop loin. » « Il faut savoir se faire respecter. » La discussion glisse rapidement vers un mot que chacun emploie sans toujours lui donner le même sens : l’autorité.

La confusion

Dans le langage courant, l’autorité est souvent assimilée à la capacité d’obtenir l’obéissance. Cette conception est réductrice. On peut obtenir l’obéissance par la peur, la menace, la lassitude ou le rapport de force. Aucune de ces situations ne constitue, à proprement parler, une autorité éducative.

Ce qu’est l’autorité

Le mot vient du latin auctoritas, associé à augere : faire croître. L’autorité n’est pas d’abord un pouvoir exercé sur quelqu’un. Elle est une responsabilité assumée envers quelqu’un. Celui qui fait autorité ne cherche pas à diminuer l’autre : il rend possible une croissance.

Dans une école, l’autorité n’a donc pas pour finalité le silence. Elle a pour finalité les conditions de l’apprentissage, de la sécurité et de la vie commune.

Ce qu’est l’autoritarisme

L’autoritarisme apparaît lorsque le pouvoir devient une fin en soi. La règle n’est plus au service d’un bien commun ; elle sert la position de celui qui l’énonce. Le désaccord est vécu comme une offense. L’obéissance devient l’objectif, au lieu d’être parfois le moyen provisoire d’une action juste.

Pour discerner

  1. Est-ce que je cherche à faire grandir cet élève ou seulement à obtenir qu’il cède ?
  2. La règle protège-t-elle un bien commun ou mon confort personnel ?
  3. La décision resterait-elle juste si un autre adulte la prenait exactement de la même manière ?
L’autorité ne demande pas : « Qui a le pouvoir ? » Elle demande : « Qu’est-ce qui permet à cet enfant de grandir ? »