L’ÉCOLE DES PARENTSUne maison du discernement au service des familles

Dialogue n° 01

Le téléphone
portable.

Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, vers 1818. Domaine public.

— Il faut interdire les téléphones à l’école.

— Pourquoi ?

— Parce qu’ils empêchent l’attention.

— Ou révèlent-ils simplement que nous ne savons plus la susciter ?

— L’attention n’est pas un spectacle. L’école n’a pas à rivaliser avec des plateformes conçues pour capter chaque seconde disponible.

— Mais interdire ne forme pas nécessairement. Hors de l’école, l’élève retrouvera l’objet intact et ses habitudes inchangées.

— Toute éducation commence par des limites extérieures. On ne demande pas à un enfant de maîtriser seul ce que des adultes peinent déjà à contrôler.

— Une limite peut protéger. Elle peut aussi différer indéfiniment l’apprentissage de l’usage.

— Alors faut-il laisser le téléphone sur la table pendant le cours au nom de l’autonomie future ?

— Non. Il faut distinguer l’objet indisponible de l’objet impensé.

— C’est-à-dire ?

— Le mettre à distance quand la situation l’exige, et rendre cette distance intelligible. Une interdiction sans parole produit de la contrainte. Une parole sans règle produit souvent de l’impuissance.

— Nous sommes donc d’accord pour l’interdire.

— Nous sommes d’accord pour qu’il ne gouverne pas la situation. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Une règle protège l’attention ; une éducation apprend ce qui mérite notre attention.